RitalinEnfants.com

Les éduquer au lieu de les droguer

Archive for 2008

Posted by Louis on February 15, 2008

Petite histoire des amphétamines

Posted under Droguer nos enfants

PETITE HISTOIRE DES AMPHÉTAMINES

Les médicaments actuellement prescrits en France en première intention dans le traitement de l’hyperactivité infantile sont deux psychostimulants : la Ritaline et le Concerta. D’autres substances du même type peuvent être utilisées chez les enfants comme la pémoline.
amphetamines et ritalin Hormis les psychostimulants, il est envisagé d’employer des produits dont le mode d’action est différent et dont l’efficacité est en cours d’études. Il s’agit par exemple du modafinil, employé en France dans les troubles de la vigilance. Le Strattera, considéré comme un antidépresseur, est une substance employée aux États-Unis et au Canada (la molécule est l’atomoxétine). Tous pourraient bientôt être utilisés en France pour le traitement de l’hyperactivité infantile. Étant donné que les médicaments principaux du traitement du TDAH (Ritaline et Concerta) sont des psychostimulants, voyons de plus près ce qu’il en est de ces substances psychoactives.

Le modèle des psychostimulants : la cocaïne

Le Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance du Département hospitalo-universitaire de pharmacologie de Bordeaux¹ classe les substances psychoactives en trois catégories : les sédatifs, les hallucinogènes et les excitants. Dans une de ses analyses, on apprend que les excitants sont des « substances ayant des propriétés stimulantes, dont le prototype est la cocaïne. Elles sont utilisées pour augmenter la
vigilance, les facultés intellectuelles. »

Le Département de pharmacologie range dans la catégorie des excitants les amphétamines et apparentés, la cocaïne, le méthylphénidate, la pémoline, l’éphédrine, etc. Aussi surprenant que cela paraisse, les deux produits destinés à traiter l’hyperactivité de l’enfant, dont le principe actif est le méthylphénidate, un dérivé amphétaminique (et la pémoline, en cours d’études), contiennent des substances chimiques apparentées à la cocaïne.

Allons plus loin et voyons ce que sont ces amphétamines dont les spécialistes de la psychiatrie de l’enfance préconisent l’emploi chez leurs tout jeunes patients.
Les amphétamines sont des dérivés synthétiques de l’éphédrine, une substance obtenue à partir de l’éphédra, plante utilisée depuis plusieurs millénaires en Chine, connue sous le nom de ma-huang ou Ephedra vulgaris. L’éphédrine, qui a été synthétisée en 1887, servit de base en 1931 à la synthèse de la benzédrine, première forme d’amphétamine qui donna suite à une longue série : dexédrine, méthylamphétamine et des succédanés² comme le méthylphénidate, etc. Les médecins utilisèrent ces substances en substitution de la cocaïne pour leurs effets similaires à cette drogue et en raison de leurs vertus médicinales et stimulantes.

Une drogue militaire

Drogue utilisé pendant la guerre en AllemagnePendant la Seconde Guerre mondiale, les effets euphorisants des amphétamines attirèrent l’attention des armées qui en distribuèrent à leurs troupes. L’agressivité accrue qu’elles procuraient chez les soldats en fit un excitant de choix ; certains les appelaient la « drogue d’Hitler » bien que tous les belligérants en utilisèrent, les Allemands, les Japonais comme les Alliés. Les amphétamines permettaient d’alléger la fatigue, de gommer le stress au combat, de rester éveillé plusieurs jours de suite, de masquer la douleur et d’effacer les crises dépressives. Les doses faisaient partie du paquetage des soldats qui gardaient ainsi une volonté intacte.
Les jeunes aviateurs anglais qui luttaient dans le ciel contre les bombardiers de la Luftwaffe en consommaient régulièrement et les kamikazes japonais qui jetaient leur Mitsubishi Zéros bourrés d’explosifs et d’essence sur les porte-avions américains dans la guerre du Pacifique étaient littéralement drogués à la méthamphétamine³. Les civils qui participaient à l’effort de guerre n’étaient pas en reste comme les ouvriers japonais dont on exigeait des cadences de travail toujours plus élevées dans les usines et les ateliers. Plus tard, dans les années 1950 et 60, les pilotes américains qui effectuaient de longs vols trans-océaniques en consommaient volontiers, ainsi que les GI de la guerre du Vietnam et ceux de la guerre du Golfe.

Beat generation

La guerre finie, la distribution massive d’amphétamines se généralisa dans le civil. Les soldats démobilisés qui retournaient dans leurs foyers s’étaient accoutumés aux effets de ces psychostimulants et envisageaient mal de s’en séparer. Les produits furent détournés de leur emploi d’origine et de plus en plus de civils furent victimes d’intoxication à ces
substances. Ces produits peu onéreux étaient faciles à obtenir puisqu’en France par exemple, ils étaient en vente libre jusqu’en 1955. Les amphétamines finirent par alimenter le marché noir sous des dizaines de noms (speed, amphés, B-bombs, French blue, ice, pep, shabu, etc.). Elles étaient largement répandues dans des réseaux de distribution parallèles et devinrent à la mode sous l’influence de la beat generation.
Ce mouvement social et littéraire (dont le nom peut se traduire par « génération épuisée ») naquit dans les années 1950 à New York. Il fut lancé par un groupe d’écrivains américains et des surréalistes français qui refusaient la « société de consommation ». Leur mode de vie errante, la consommation de stupéfiants, l’attirance pour la spiritualité hindoue qui les caractérisaient furent récupérés par les « beatniks » du mouvement hippie des années 1960.

Les amphétamines à tout faire

Les amphétamines et leurs dérivés connurent un succès grandissant dans le domaine médico-pharmacologique. On se mit à les employer dans des conditions très diverses : prévenir le mal de mer, compenser la fatigue et l’endormissement, traiter les crises de hoquets, lutter contre le jet-lag4 . Connues pour réduire l’appétit, elles entrèrent dans la composition de nombreux produits anorexigènes5 aux effets très controversés ; on les employa également contre la dépression, l’alcoolisme, dans le sevrage des toxicomanes. L’intérêt des « amphet » est qu’elles donnent un coup de fouet, éveillent l’intérêt, augmentent l’optimisme, procurent une euphorie temporaire, permettent de rester actif durant des périodes prolongées lorsqu’on est astreint à des tâches difficiles. Les étudiants qui devaient passer de longues heures à préparer leurs examens en consommaient généreusement. Elles étaient devenues des substances polyvalentes, commodes, répondant à presque toutes les circonstances de l’existence.

1 « Classification des substances psychoactives » http://www.pharmacologie.u-bordeaux2.fr/PharmacoDependance/classification.php

4 Effet du décalage horaire ressenti par les voyageurs en avion.
5 Produits ou médicaments destinés à couper l’appétit, à provoquer l’anorexie momentanée. L’anorexie est la perte ou la diminution de l’appétit.